Semaine européenne de prévention du cancer du col de l'utérus
Semaine européenne de prévention du cancer du col de l'utérus
La semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus se déroulera du 19 au 25 janvier 2026, faisons le point sur ce cancer (chiffres, prévention…).
En France métropolitaine, le cancer du col de l’utérus occupe la 12e cause de mortalité par cancer chez la femme et 2e cause de décès par cancer chez les femmes de moins de 45 ans.
Chaque année en France
- 200 000 tests de dépistage anormaux dont 30 000 lésions précancéreuses
- Plus de 3 000 nouveaux cas diagnostiqués
- Environ 1 100 décès
En France (comme dans le Grand Est), 6 femmes sur 10 ont réalisé un dépistage du cancer du col de l’utérus en 2024.
Dans le Grand Est
Le Haut-Rhin est le département avec le taux de dépistage le plus élevé 66,1%, suivi de la Marne 64,7% et de la Haute-Marne 61,5%. Ces 3 départements ont un taux supérieur à la moyenne nationale.
Le taux de participation au dépistage organisé ne cesse de progresser : +9,13% sur un an (2023/2024) en France et de +6,47% dans le Grand Est.
Pourtant aucun des départements du Grand Est n’atteint le seuil européen recommandé de 70% de participation (seuls 4 départements l’atteignent : Finistère, Morbihan, Isère et Hautes Alpes.
- 90% des cancers du col de l’utérus pourraient être évités avec un dépistage précoce.
- Associé à la vaccination anti -HPV, ce taux monte à 97%.
Origines et symptômes
Ce cancer se développe sur la muqueuse du col de l’utérus, il est causé par des papillomavirus humains (HPV). Très fréquents, ces virus se transmettent le plus souvent lors de rapports sexuels, avec ou sans pénétration (un simple contact avec les muqueuses suffit). Le préservatif ne permet pas de s’en protéger complètement.
Il arrive que l’infection due aux HPV entraîne des lésions au niveau du col de l’utérus. L’infection disparaît en général en quelques mois, mais une petite part peut évoluer en cancer.
À un stade précoce, il n’y a pas de symptôme particulier, même si des douleurs inexpliquées ou des saignements après les rapports sexuels ou entre les règles doivent amener à une consultation entre 2 dépistages. Cela ne signifie pas forcément un cancer.
Par conséquent un suivi gynécologique et des tests de dépistage réguliers sont indispensables pour détecter une anomalie.
Principaux facteurs de risque identifiés
Les papillomavirus humains (ou HPV) : principal facteur de risque, 80% des hommes et des femmes sexuellement actifs seront infectés au cours de leur vie par les HPV.
Facteurs de risque pouvant favoriser l’apparition et le développement des HPV :
- Les facteurs qui favorisent l’apparition des HPV : les rapports sexuels à un âge précoce, la multiplicité des partenaires.
- Les facteurs qui favorisent la persistance du virus dans l’organisme : le tabagisme, l’utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux, l’immunosuppression ou certaines infections (Chlamydia, Trachomatis ou virus de l’herpès simplex de type 2).
Le dépistage est indispensable même vaccinée contre les HPV.
- La vaccination contre les HPV protège jusqu’à 90% des infections à l’origine de cancers.
- Le dépistage permet de repérer le plus tôt possible d’éventuelles lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus, de les surveiller ou de les soigner et ainsi, de prévenir l’apparition d’un cancer.
C’est la complémentarité de la vaccination et du dépistage qui permet de lutter le plus efficacement contre le cancer du col de l’utérus.
Si un cancer est détecté tôt, en général, les soins seront plus légers et permettront de préserver davantage la fertilité.
Les étapes du dépistage
- Si tout va bien, il n’y a plus rien à faire jusqu’au prochain test de dépistage.
- Si une anomalie est détectée : la patiente est contactée par le professionnel de santé qui peut la rediriger vers un médecin spécialiste pour des examens complémentaires.
Les résultats du prélèvement sont transmis au professionnel de santé et à la patiente si celle-ci en fait la demande. Le CRCDC reçoit les résultats de toutes les femmes invitées ou non qui se sont fait dépister.
Après les résultats
- Si aucune cellule anormale ou présence de virus n’est détectée : refaire le test de dépistage tous les 3 ans entre 25 et 30 ans, puis tous les 5 ans, entre 30 et 65 ans.
- Si des cellules anormales et/ou la présence de virus sont détectées : le médecin ou la sage-femme indiquera les examens complémentaires nécessaires et orientera la patiente, si besoin, vers un professionnel de santé spécialisé.
L’auto-prélèvement
Pour les femmes entre 30 et 65 ans qui ne se font jamais ou peu dépister (examen gynécologique techniquement difficile…), une alternative peut être proposée : l’auto-prélèvement vaginal.
Cela permet aux femmes concernées, de manière simple, indolore et efficace, de prélever elles-mêmes un échantillon vaginal à l’aide d’un petit écouvillon qui ensuite est analysé en laboratoire.
- Si ce test s’avère positif : un prélèvement cervico-utérin chez un professionnel de santé sera nécessaire pour obtenir un diagnostic précis.
- Si le test est négatif : tout est normal. Le test sera à refaire dans un délai de 5 ans (auto-prélèvement ou frottis réalisé chez un professionnel de santé).
- Les kits d’auto-prélèvement sont disponibles dans les laboratoires d’analyses médicales sur ordonnance ou sur présentation de l’invitation au dépistage reçue.
La prise en charge du dépistage
- La consultation chez le professionnel de santé, la réalisation du prélèvement et l’analyse du test de dépistage sont prises en charge dans les conditions habituelles par le régime d’assurance maladie et de complémentaire santé.
- Si une invitation a été reçue par courrier : l’analyse du test de dépistage est prise en charge à 100% par le régime d’assurance maladie, sans avance de frais.
- Si la patiente bénéficie de la Complémentaire Santé Solidarité (C2S) ou de l’Aide médicale d’État (AME), il n’y a rien à payer
Pour rappel – La vaccination HPV
La vaccination prévient jusqu’à 90% des infections HPV à l‘origine des cancers et protège contre diverses lésions (verrues génitales, lésions précancéreuses, cancers ORL, de l‘anus, du col de l‘utérus, du vagin, de la vulve et du pénis…).
Filles et garçons de 11 à 26 ans
- Entre 11 et 14 ans (2 doses) : la 2ème dose doit se faire entre 5 et 13 mois après la 1ère
- Entre 15 et 26 ans (3 doses) : la 2ème dose doit être réalisée 2 mois après la 1ère et la 3ème dose, 6 mois après la 1ère.
(La vaccination anti-HPV est également recommandée entre 11 et 19 ans chez les filles et les garçons immunodéprimés et entre 9 et 19 ans chez les filles et les garçons candidats à une transplantation d’organe solide).
La vaccination contre le HPV peut être prescrite et réalisée par :
- Un médecin ou une sage-femme
- Un infirmier (avant 11 ans : avec une prescription médicale / à partir de 11 ans, il peut prescrire (sous réserve d’avoir reçu une formation).
- Un pharmacien (officine, laboratoire et PUI) à partir de 11 ans uniquement (sous réserve d’avoir reçu une formation spécifique).
Prise en charge de la vaccination : le remboursement par l’Assurance Maladie est identique aux autres vaccinations, le reste à charge étant remboursé par les mutuelles complémentaires (il n’y a pas d’avance de frais pour les familles bénéficiant de la C2S, pour la consultation dans les centres de vaccination publics, les CeGIDD et les centres de planification familiale).
(En Alsace, la Ligue contre le Cancer prend en charge, en l’absence de mutuelle, la partie non remboursée par les organismes d’assurance maladie. Il suffit d’en faire la demande auprès du pharmacien).
La vaccination en milieu scolaire : depuis février 2023, des campagnes de vaccination anti-HPV ont lieu dans les collèges auprès des élèves de 5ème des établissements publics et privés sous contrats de la région. Dans le Grand Est, en 2023, environ 9 000 élèves ont été vaccinés gratuitement et plus de 6 000 la seconde année.
Documents téléchargeables sur le site :
PDF CRCDC Dossier de presse 2026 - Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus
PDF bulletin SPF 13/11/2025 Participation au programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus
Lien : https://filesender.renater.fr/?s=download&token=d69e9282-6407-49e1-9a09-ec94f1945102
Pour en savoir plus :
CRCDC Dossier de presse 2026 - Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus et vaccination anti-HPV dans le Grand Est https://depistagecancer-ge.fr/wp-content/uploads/2026/01/2026-DOSSIER-DE-PRESSE-SEMAINE-EUROPENNE-DE-PREVENTION-DU-CANCER-DU-COL-DE-LUTERUS.pdf
CRCDC - Mieux comprendre le cancer du col de l’utérus https://depistagecancer-ge.fr/depistage-du-cancer-du-col-de-luterus/comprendre-cancer-col-uterus/
Ameli 02/12/2025 - Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus https://www.ameli.fr/moselle/assure/sante/themes/cancer-col-uterus/depistage-organise-cancer-col-uterus
SPF 13/11/2025 - Cancer du col de l'utérus https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancer-du-col-de-l-uterus