Bilan de la saison 2025–2026 des infections respiratoires aiguës (IRA)

Bilan de la saison 2025–2026 des infections respiratoires aiguës (IRA)

Saison 2025–2026 : une dynamique hivernale classique sous tension hospitalière

La saison 2025–2026 des infections respiratoires aiguës (IRA) s’inscrit dans un schéma désormais bien établi depuis la sortie de la pandémie de Covid-19. Selon Santé Publique France (SPF), elle a été marquée par une circulation conjointe de plusieurs virus respiratoires, dominée par la grippe, dans un calendrier globalement classique, avec une montée en puissance à l’automne, un pic en hiver et un retour au niveau de base au début du printemps.

Une épidémie hivernale centrée sur décembre–janvier

L’activité des IRA a débuté dès le mois de novembre 2025 pour atteindre un pic entre la fin du mois de décembre et la mi-janvier 2026. Cette phase a été largement portée par la grippe, dont la diffusion a été rapide sur l’ensemble du territoire métropolitain. La décroissance s’est amorcée en février, avec un retour à des niveaux bas dès le mois de mars. 

En médecine de ville, les indicateurs ont atteint des niveaux modérés à élevés sans toutefois dépasser les capacités du système de soins. Le réseau Sentinelles a estimé à plus de 2,5 à 3 millions le nombre de consultations pour syndrome grippal sur l’ensemble de la saison.

 

Une pression hospitalière significative

À l’hôpital, l’impact a été nettement plus marqué. Les passages aux urgences et les hospitalisations pour IRA ont fortement augmenté durant le pic épidémique, en particulier chez les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que chez les jeunes enfants.

Les données consolidées font état de plusieurs dizaines de milliers d’hospitalisations liées à la grippe, avec une proportion non négligeable de formes graves nécessitant une admission en réanimation. La mortalité attribuable à la grippe est estimée à plus de 8 000 à 10 000 décès sur la saison, niveau comparable aux saisons avant Covid les plus marquées.

Cette charge hospitalière s’est traduite par des tensions ponctuelles, notamment dans les services d’urgences et de pédiatrie, sans toutefois conduire à une saturation prolongée du système de santé. Le fonctionnement global est resté assuré, mais au prix d’une forte mobilisation des équipes.

L’impact sur le système de soin selon la pathologie

  • Grippe : principal moteur de la saison
  • La grippe a été le virus prédominant de la saison 2025–2026. La circulation virale a reposé sur une co-circulation de virus de type A (H1N1 et H3N2) et, dans une moindre mesure, de virus de type B.

    L’intensité observée est qualifiée de modérée à élevée.

    En ville, l’impact est resté contenu, mais les formes sévères ont pesé sur l’hôpital.

    • Les taux d’hospitalisation ont été particulièrement élevés chez les personnes âgées, confirmant leur vulnérabilité persistante.

     

  • Covid-19 : une circulation à bas bruit
  • Le SARS-CoV-2 a circulé tout au long de la saison, mais à des niveaux nettement inférieurs à ceux observés lors des vagues pandémiques. L’activité est restée faible à modérée, avec une contribution limitée aux hospitalisations et aux décès.

    • Le Covid-19 s’installe ainsi dans un régime endémique, contribuant au bruit de fond des IRA sans générer de vague majeure au cours de l’hiver 2025–2026.
  • Bronchiolite : une saison pédiatrique sans excès majeur
  • La bronchiolite, principalement liée au virus respiratoire syncytial (VRS), a débuté précocement à l’automne 2025. Le pic a été observé en décembre, avec un retour rapide à des niveaux bas dès la fin de l’hiver.

    Le nombre de passages aux urgences et d’hospitalisations pédiatriques a été élevé mais comparable aux saisons antérieures, sans signal de surmortalité ni de saturation prolongée des services.

    Le nombre de passages aux urgences et d’hospitalisations pédiatriques est resté élevé mais comparable aux saisons antérieures. Toutefois, l’introduction du nirsévimab (Beyfortus®) a contribué à réduire significativement le risque de formes graves et d’hospitalisation chez les nourrissons immunisés, avec une efficacité estimée entre 65 et 85%. Son impact à l’échelle populationnelle dépend néanmoins de la couverture de la campagne, encore hétérogène :

    • Il n’existe pas encore de chiffre consolidé national officiel publié pour la couverture 2025–2026 par Beyfortus®. Le déploiement est encore dans une phase progressive, et loin d’une couverture optimale (>80–90%) nécessaire à un fort impact populationnel.
    • La couverture de l’immunisation par nirsévimab (Beyfortus®) reste encore partielle. Elle est estimée autour de 40 à 50% des nourrissons éligibles en France, sur la base des données disponibles issues des premières campagnes. Malgré une montée en charge du dispositif en 2025–2026, cette couverture demeure insuffisante pour produire un effet populationnel maximal, ce qui explique un impact encore limité sur le volume global d’hospitalisations, malgré une efficacité individuelle élevée.

    L’introduction du nirsévimab (Beyfortus®) constitue une évolution majeure de la prévention de la bronchiolite. En officine, les pharmaciens ont un rôle clé dans l’information des parents et l’orientation vers l’immunisation des nourrissons, en lien avec les maternités et les professionnels de santé de premier recours. Leur implication est déterminante pour améliorer la couverture et renforcer l’impact populationnel de cette stratégie, notamment sur la réduction des hospitalisations pédiatriques.

     

  • Autres virus respiratoires : une contribution non négligeable
  • Outre ces 3 agents majeurs, la circulation de rhinovirus, de métapneumovirus et d’autres virus respiratoires a contribué à maintenir un niveau d’activité soutenu en médecine de ville, en particulier en dehors du pic grippal. Cette co-circulation explique en partie la persistance d’un niveau d’IRA non négligeable jusqu’au début du printemps.

     

    Focus Grand Est : une dynamique alignée sur le national

    En région Grand Est, la saison a suivi une dynamique très proche de celle observée au niveau national. L’entrée en phase épidémique a été observée fin novembre 2025, avec un pic autour de la fin de l’année.

    Au plus fort de la vague, les IRA ont représenté jusqu’à 20% de l’activité de certaines structures de permanence des soins, notamment les associations SOS Médecins. L’activité hospitalière a également été soutenue, en particulier dans les services d’urgences.

    La décrue est intervenue rapidement à partir de février, avec un retour à la normale au mois de mars pour l’ensemble des indicateurs, tant pour la grippe que pour la bronchiolite. Le Covid-19 est resté à un niveau faible et stable.

     

    Prévention et vaccination : un levier encore insuffisamment mobilisé

    La vaccination reste un déterminant majeur de la sévérité des saisons d’IRA.

    Pour la grippe :

    • La couverture vaccinale est estimée à environ 47 à 50% chez les personnes à risque, un niveau en légère progression mais encore insuffisant pour limiter efficacement l’impact hospitalier.
    • Chez les professionnels de santé, elle demeure souvent inférieure à 35%.
    • En EHPAD, la couverture vaccinale des résidents est élevée, généralement supérieure à 80%, mais celle des personnels reste plus faible, limitant l’effet barrière.

    Pour le Covid-19 :

    La couverture vaccinale avec rappel récent chez les populations à risque reste également modérée, contribuant à la persistance de formes graves évitables.

    Dans ce contexte, le rôle des pharmaciens d’officine apparaît déterminant.

    Acteurs de proximité, ils ont contribué de manière significative à la campagne vaccinale, en facilitant l’accès à la vaccination antigrippale et aux rappels Covid. Leur implication dans le conseil, le repérage des patients à risque et la promotion des gestes barrières constitue un levier essentiel pour améliorer la prévention.

     

    Les chiffres à retenir – Saison 2025–2026 des IRA

    Une saison hivernale classique, dominée par la grippe, avec un pic entre fin décembre 2025 et mi-janvier 2026

    • 2,5 à 3 millions de consultations pour syndrome grippal estimées en médecine de ville sur la saison.
    • Activité en ville soutenue mais maîtrisée : jusqu’à 10-12% de l’activité des médecins généralistes au niveau national, et jusqu’à 20% des consultations SOS Médecins dans certaines régions comme le Grand Est.
    • Impact hospitalier marqué :
      • Plusieurs dizaines de milliers d’hospitalisations liées à la grippe
      • Tension notable aux urgences (≈ 4–5% des passages au pic dans le Grand Est)
      • Forte mobilisation des services de pédiatrie et de gériatrie
    • Mortalité significative : 8 000 à 10 000 décès attribuables à la grippe, principalement chez les ≥ 65 ans.
    • COVID-19 : circulation faible à modérée, sans vague majeure, contribution limitée aux hospitalisations.
    • Bronchiolite (VRS) : Pic en décembre, impact pédiatrique élevé mais comparable aux saisons habituelles
    • Couvertures vaccinales insuffisantes :
      • Grippe : ≈ 47–50% chez les personnes à risque
      • Professionnels de santé : < 35%
      • Résidents en EHPAD : > 80%, mais couverture plus faible chez les soignants
    • Système de soins sous tension mais résilient : pas de saturation prolongée, mais des tensions locales marquées à l’hôpital.

    La saison 2025–2026 confirme le retour à une dynamique épidémique hivernale « classique », dominée par la grippe, avec un Covid-19 désormais endémique et une bronchiolite saisonnière attendue. Si l’impact est resté globalement maîtrisé en médecine de ville, la pression hospitalière importante rappelle la nécessité de renforcer les stratégies de prévention.

    • Dans ce dispositif, les pharmaciens occupent une place stratégique, à l’interface entre prévention, accès aux soins et accompagnement des patients
    • Ils constituent un maillon essentiel de la réponse aux épidémies saisonnières comme acteurs majeurs de la vaccination, du repérage des patients à risque et de la prévention.

     Le bulletin SPF complet est disponible en téléchargement ci-dessous ou sur le site SPF.

      

    Documents téléchargeables sur le site :
    Bulletin SPF – IRA 15/04/2026 

    Pour en savoir plus :
    Bulletin SPF 15/04/2026 - Bilan campagne vaccination grippe 2026 https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/2026-04/bullnat_ira_20260415_VF_0.pdf
    SPF - Grand Est https://www.santepubliquefrance.fr/regions-et-territoires/grand-est/publications