Exercice professionnel – Méthadone / Approvisionnement de Propranolol / CBD alimentaire

Exercice professionnel – Méthadone / Approvisionnement de Propranolol / CBD alimentaire

  • Méthadone : renforcer le bon usage pour prévenir les surdoses et les interactions médicamenteuses
  • Face à l’augmentation des signalements de surdoses et d’effets indésirables graves liés à la méthadone, l’ANSM rappelle l’importance du respect des règles de bon usage de ce traitement.

    Les données issues des enquêtes nationales de toxicovigilance, de pharmacovigilance et d’addictovigilance montrent une hausse continue des cas graves entre 2022 et 2025.

    Les facteurs de risque les plus fréquemment retrouvés sont

    • Une augmentation trop rapide des doses,
    • Un arrêt brutal du traitement,
    • Une mauvaise observance,
    • L’association avec d’autres médicaments ou substances psychoactives,
    • L’usage détourné de la méthadone.

    Les enquêtes mettent également en évidence la persistance d’interactions médicamenteuses parfois sévères avec certains psychotropes, antidépresseurs, antipsychotiques, antibiotiques, antifongiques ou traitements anticancéreux.

    Ces interactions peuvent favoriser les surdoses, les troubles du rythme cardiaque ou des syndromes de sevrage.

    Pour réduire ces risques, l’ANSM recommande

    • Une réévaluation régulière des traitements,
    • Une vigilance accrue concernant les médicaments associés
    • Une information systématique des patients et de leur entourage.

    L’Agence insiste également sur la nécessité de prescrire et de mettre à disposition un kit de naloxone, antidote capable de sauver des vies en cas de surdose aux opioïdes.

    Enfin, l’ANSM rappelle que la méthadone demeure un traitement essentiel dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes et de certaines douleurs cancéreuses, à condition qu’elle soit utilisée dans le respect strict des conditions de prescription, de dispensation et de suivi.

    Le pharmacien, acteur clé de la prévention

    À l’officine, le pharmacien occupe une place centrale dans la sécurisation des traitements par méthadone. Lors de chaque dispensation, il peut vérifier l’absence d’interactions médicamenteuses, repérer d’éventuelles situations à risque (modification de traitement, consommation concomitante d’alcool ou de benzodiazépines, signes de surdosage ou de sevrage) et rappeler les règles essentielles de prise.

    Le pharmacien joue également un rôle majeur dans l’éducation thérapeutique des patients et de leur entourage : respect des doses prescrites, conservation sécurisée du médicament hors de portée des enfants, reconnaissance des signes de surdose (somnolence inhabituelle, difficultés respiratoires, perte de conscience) et utilisation de la naloxone. La sensibilisation à la disponibilité de cet antidote et l’accompagnement à son utilisation constituent aujourd’hui un levier important pour réduire la mortalité liée aux opioïdes.

    Enfin, la collaboration étroite entre pharmaciens, médecins prescripteurs et équipes spécialisées en addictologie demeure essentielle pour garantir un suivi sécurisé et personnalisé des patients traités par méthadone.

    La méthadone reste un traitement de référence dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes à condition qu’elle soit utilisée dans le respect strict des conditions de prescription, de dispensation et de suivi.

    À consulter

    Pour en savoir plus :
    Méthadone : l’ANSM rappelle le bon usage de ces médicaments pour réduire le risque de surdose et d’interactions médicamenteuses https://ansm.sante.fr/actualites/methadone-lansm-rappelle-le-bon-usage-de-ces-medicaments-pour-reduire-le-risque-de-surdose-et-dinteractions-medicamenteuses
    Cespharm 22/05/2026 Méthadone : l’ANSM rappelle le bon usage de ces médicaments https://www.cespharm.fr/prevention-sante/actualites/2026/methadone-l-ansm-rappelle-le-bon-usage-de-ces-medicaments?utm_source=chatgpt.com

     

  • Dégradation de l’approvisionnement de Propranolol 40mg
  • La situation d’amélioration de la disponibilité du propranolol 40mg datant du mois de mars 2026, n’est plus d’actualité. Ce circuit subit une nouvelle dégradation (retards d’approvisionnement) par conséquent, l’ANSM maintient sa recommandation visant à limiter les initiations de traitement et à privilégier les alternatives.

    Les médecins limiteront autant que possible les initiations de traitement par propranolol 40mg comprimé et envisageront d’autres bêtabloquants (bisoprolol, nébivolol, aténolol) ou des alternatives adaptées tenant compte de l’indication, des spécificités de chaque patient et des recommandations thérapeutiques en vigueur. 

    Néanmoins, le propranolol reste indispensable dans la prise en charge des troubles du rythme cardiaque par exemple chez les femmes qui allaitent et les enfants atteints du syndrome du QT long congénital ou de tachycardie ventriculaire polymorphe catécholergique ; dans ces cas, des lots de Propranolol Teva 40 mg seront de nouveau mis à disposition de manière dérogatoire en France d’ici mi-juin 2026.

    Pour en savoir plus :
    Propranolol ANSM 29/05/2026 - Propranolol 40 mg : nouvelle dégradation de la disponibilité, nous maintenons notre recommandation https://ansm.sante.fr/actualites/propranolol-40-mg-nouvelle-degradation-de-la-disponibilite-nous-maintenons-notre-recommandation

     

  • CBD alimentaire : les autorités sanitaires demandent le retrait des produits
  • Les autorités sanitaires françaises ont annoncé un renforcement des contrôles visant les denrées alimentaires contenant du cannabidiol (CBD) et rappellent que ces produits ne sont actuellement pas autorisés à la vente au sein de l'Union européenne. 

    Le cadre juridique du CBD en France a évolué grâce à plusieurs arrêtés ministériels, décisions du Conseil d'État, jurisprudence européenne, et récemment, une application stricte du règlement Novel Food par la DGAL est entrée en vigueur depuis le 15 mai 2026.

    Ainsi le ministère de l’agriculture annonce dans un communiqué de presse, que tout produit présenté à la vente comme une denrée alimentaire contenant du CBD est non conforme. Les contrôles concernent : boutiques physiques, sites e-commerce, pharmacies, parapharmacies, distributeurs automatiques.

    Les produits visés doivent être retirés :

    • Huiles CBD étiquetées "complément alimentaire" ou présentées en posologie
    • Gélules et capsules contenant du CBD
    • Infusions et tisanes additionnées de CBD
    • Gummies, bonbons, chocolats au CBD
    • Miels, boissons et compléments alimentaires CBD 

    [À noter, les produits non concernés :

    • Fleurs et résines de CBD à vaporiser
    • Cosmétiques au CBD
    • E-liquides CBD
    • Graines de chanvre et huile de graine alimentaire (non enrichies en CBD)
    • Infusions de feuilles de chanvre brut (sans ajout de CBD)

    Ces produits peuvent être commercialisés lorsqu'ils respectent les exigences réglementaires applicables et ne sont pas enrichis en cannabinoïdes.]

    Cette décision s'appuie sur le règlement européen relatif aux « nouveaux aliments ». À ce jour, la sécurité d'emploi du CBD par voie alimentaire n'a pas été suffisamment démontrée. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé en 2026 que les données scientifiques disponibles restaient insuffisantes pour conclure à l'innocuité du CBD consommé dans les aliments : une augmentation des signalements d'intoxications associées à des produits alimentaires contenant du CBD est en cours depuis 2024.

    Les contrôles, déjà engagés depuis plusieurs années, seront désormais étendus à l'ensemble des denrées alimentaires mettant en avant la présence de CBD ou d'autres cannabinoïdes, y compris les compléments alimentaires. Les produits non conformes devront être retirés du marché. 

    Focus pharmacie : quelles conséquences pour l'officine ?
    Cette évolution réglementaire concerne directement les pharmaciens d'officine, notamment ceux proposant des compléments alimentaires ou des produits de bien-être à base de chanvre.

    Le pharmacien doit être particulièrement vigilant quant à la composition et au statut réglementaire des produits référencés. La présence de CBD dans une denrée alimentaire ou un complément alimentaire expose désormais le produit à un risque de retrait du marché.

    Une vérification auprès des fournisseurs et des laboratoires apparaît indispensable afin de s’assurer de la conformité des références commercialisées.
    L'officine joue également un rôle essentiel dans l'information des patients. De nombreux consommateurs perçoivent le CBD comme une substance naturelle dénuée de risque. Or les autorités sanitaires rappellent que son innocuité par voie alimentaire n'est pas établie et que des cas d'intoxication continuent d'être signalés. Le conseil pharmaceutique doit donc intégrer cette nouvelle donnée de sécurité sanitaire.

    Cette actualité souligne l'importance de distinguer les différents cadres réglementaires applicables aux produits contenant des cannabinoïdes.

    Pour en savoir plus :
    Ministère de l’agriculture 20/05/2026 - Denrées alimentaires contenant du cannabidiol (CBD) : des produits illégaux qui doivent être retirés du marché https://agriculture.gouv.fr/node/110883