Désogestrel et risque de méningiome : on fait le point

Désogestrel et risque de méningiome : on fait le point

En juillet 2026, l’Agence européenne des médicaments (EMA) recommandait l’ajout du risque rare de méningiome dans la notice des contraceptifs à base de désogestrel.

Pour faire suite à cette recommandation, l’ANSM informe actuellement les femmes utilisant une contraception à base de désogestrel de ce risque, très faible, de méningiome associé à une utilisation prolongée.

> Un courrier personnalisé est adressé aux patientes concernées.

1) Les courriers transmis par l’ANSM (téléchargeables ci-dessous)

* Aux femmes utilisant une contraception à base de désogestrel : courrier d’information personnalisé de l’ANSM les informant d’un risque rare de méningiome associé à ces contraceptifs. Seules les femmes majeures à qui a été prescrit un contraceptif à base de désogestrel 75μg dans les 12 derniers mois ont reçu un courrier de l’ANSM.

* Aux professionnels de santé prescripteurs de ces contraceptifs : courrier d’information sur le risque qui les préviendra également de la diffusion de cette information personnalisée à leur patiente. 

Les objectifs principaux de ces courriers sont :

* D’informer les femmes concernées afin qu’elles abordent ce sujet lors de la prochaine consultation avec leur médecin ou leur sa sage-femme

* De ne pas arrêter une contraception sans avis médical

 

2) Un risque identifié mais très faible Le désogestrel 75 µg est une contraception orale progestative largement utilisée. C’est l’étude EPI-PHARE qui met en évidence une augmentation du risque de méningiome intracrânien nécessitant une intervention chirurgicale en cas d’utilisation prolongée, continue et en cours, notamment au-delà de 5 ans.

Ce risque reste très faible : l’étude estime qu’un cas de méningiome intracrânien opéré est observé en moyenne pour 67 000 femmes exposées au désogestrel, toutes durées d’exposition confondues, et pour environ 17 000 femmes exposées pendant plus de 5 ans.

Particularités de ce risque :

* Il augmente avec la durée d’utilisation

* Il concerne particulièrement les femmes de plus de 45 ans.

* Aucune augmentation de risque n’a été observée pour une utilisation inférieure à un an (sauf en cas d’utilisation antérieure d’un autre progestatif connu pour augmenter le risque de méningiome).

* En cas d’exposition antérieure à un progestatif à risque de méningiome (acétate de cyprotérone, nomégestrol et chlormadinone), le risque devient significatif dès la première année d'utilisation du désogestrel seul 75μg.

* Un an après l’arrêt du traitement, le surrisque n’est plus observé.

 

3) Les contraceptions concernées

Pilules à base de désogestrel seul

* Antigone 75µg

* Cerazette 0,075mg

* Elfasette 75µg

* Optimizette 75µg

* Desogestrel 75µg des laboratoires Biogaran, Cristers, et Sandoz.

 

Pilules à base de désogestrel combinées à un œstrogène

* Desobel 150µg/20µg

* Desobel 150µg/30µg

* Mercilon

* Varnoline et Varnoline continu

* Desogestrel/ethinylestradiol 150µg/20µg des laboratoires Biogaran, EG, Viatris

* Desogestrel/ethinylestradiol 150µg/30µg des laboratoires Biogaran, EG, Viatris.

 

Implant contraceptif

Nexplanon 68mg implant pour usage sous-cutané

 

Anneau vaginal

* Etoring 15µg/120µg/24 heures, système de diffusion vaginal

* Nuvaring 15µg/120µg/24 heures, système de diffusion vaginal

* Etonogestrel/ethinylestradiol Viatris 120µg/15µg/24 heures, système de diffusion vaginal.

 

En cas d’antécédent ou de diagnostic de méningiome

En cas de méningiome diagnostiqué, le désogestrel doit être arrêté définitivement :

* La patiente doit être orientée vers son médecin pour la prise en charge et le choix d’une méthode contraceptive alternative.

* Une contraception à base de désogestrel ne doit pas être reprise après un diagnostic de méningiome.

 

4) Quels symptômes doivent alerter ?

Le méningiome peut rester longtemps asymptomatique. Certains symptômes neurologiques d’apparition ou d’aggravation inhabituelle doivent conduire à une consultation médicale :

* Maux de tête persistants ou inhabituels

* Troubles de la vision

* Troubles de l’audition

* Troubles de la mémoire ou des fonctions cognitives

* Troubles de l’équilibre

* Faiblesse ou troubles de la sensibilité d’un membre

* Crises d’épilepsie.

> Ces symptômes ne sont pas spécifiques du méningiome et ne doivent pas conduire la patiente à interrompre seule sa contraception. Ils justifient une évaluation médicale.

 

5) Que faire à l’officine ?

La réception du courrier de l’ANSM ne signifie pas que la patiente doit arrêter immédiatement sa contraception.

Le rôle du pharmacien

Le pharmacien peut notamment :

* Vérifier avec la patiente qu’elle a bien identifié le médicament concerné et qu’il contient bien du désogestrel 75µg.

* L’informer sans l’alarmer que le risque de méningiome est très faible et principalement associé à une utilisation prolongée.

* Vérifier la durée d’utilisation ou une exposition antérieure à un autre progestatif à risque ainsi que les antécédents de méningiome

* Être particulièrement vigilant chez les femmes âgées de plus de 45 ans, une réévaluation de la contraception est recommandée.

* Inviter la patiente à faire le point avec son médecin ou sa sage-femme sur la pertinence de poursuivre cette même contraception

 

> Le désogestrel reste une contraception progestative de première intention. Les recommandations visent donc à minimiser le risque tout en maintenant l’accès à une contraception adaptée aux besoins de chaque femme.

Une FAQ est disponible sur le site de l’ANSM.

Documents téléchargeables sur le site :
Courrier ANSM Progestatifs et méningiome à destination des patientes
Courrier ANSM Progestatifs et méningiome à destination des prescripteurs

Pour en savoir plus :
ANSM 10/09/2026 - Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses https://ansm.sante.fr/actualites/contraception-a-base-de-desogestrel-et-risque-de-meningiome-questions-reponses
ANSM 10/09/2026 - L’ANSM diffuse une lettre personnalisée pour informer les femmes du très faible risque de méningiome associé à la contraception à base de désogestrel https://ansm.sante.fr/actualites/lansm-diffuse-une-lettre-personnalisee-pour-informer-les-femmes-du-tres-faible-risque-de-meningiome-associe-a-la-contraception-a-base-de-desogestrel