Virus West Nile – Une circulation en hausse en France
Virus West Nile – Une circulation en hausse en France
La circulation du virus West Nile, ou virus du Nil occidental (VNO), s’intensifie et s’étend en France.
La circulation concerne désormais 7 régions et de nouveaux départements ont été touchés en 2026. Cette situation rappelle l’importance de la prévention des piqûres de moustiques et de la vigilance face aux symptômes évocateurs.
Le virus West Nile est un arbovirus de la même famille que les virus de la dengue, du Zika et de la fièvre jaune. Son cycle naturel implique principalement des oiseaux et des moustiques du genre Culex.
Les moustiques Culex se contaminent en piquant des oiseaux infectés puis peuvent transmettre le virus à des mammifères, notamment à l’être humain et au cheval. L’Homme et le cheval constituent des hôtes accidentels : ils ne permettent pas, en principe, la poursuite du cycle de transmission.
En France, le virus est connu depuis les années 1960, principalement identifié dans le pourtour méditerranéen, sa répartition géographique s’est progressivement étendue.
Au 28 septembre 2026, 145 cas autochtones avaient été recensés en France hexagonale selon Santé Publique France (SPF) :
Au 6 octobre 2026, 161 cas humains autochtones étaient recensés en France hexagonale, contre 62 sur l’ensemble de la saison 2025.
60 cas présentaient une forme neuro-invasive.
Les cas étaient répartis dans 24 départements de 7 régions.
- Une surveillance renforcée se poursuit jusqu’au 30 novembre. Le risque dû à la circulation du moustique vecteur ne s’arrête pas avec la fin de l’été.
L'augmentation de la circulation du virus West Nile résulte probablement de plusieurs facteurs. La dynamique du virus dépend
- De la présence et de l'activité des moustiques vecteurs
- De la circulation du virus chez les oiseaux
- Des conditions environnementales et climatiques.
Une surveillance humaine, animale et entomologique est nécessaire pour mieux comprendre la circulation du virus et anticiper son évolution.
La surveillance humaine du West Nile repose depuis 2021 sur une déclaration obligatoire de la maladie.
Le virus West Nile doit être évoqué devant un syndrome fébrile sans autre point d’appel infectieux, en particulier après des piqûres de moustiques. Une notion de voyage n’est pas indispensable.
La majorité des personnes infectées ne présentent aucun symptôme.
Lorsqu'elle se manifeste, l'infection peut provoquer, après une période d'incubation généralement de quelques jours, un syndrome pseudo-grippal associant notamment :
- Fièvre
- Maux de tête
- Courbatures et douleurs musculaires
- Parfois éruption cutanée.
Plus rarement, l'infection peut évoluer vers une forme neurologique sévère : méningite, méningo-encéphalite, paralysie flasque aiguë ou syndrome de Guillain-Barré. Il est estimé qu’une infection sur 150 évolue vers une forme neurologique sévère.
Le risque de forme sévère est plus important chez les personnes âgées ou fragilisées.
Il n'existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique pour l'être humain.
La prise en charge est essentiellement symptomatique.
Les formes graves peuvent nécessiter une hospitalisation.
- Éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens chez les patients présentant un tableau évocateur, préférer le paracétamol.
La prévention repose principalement sur la réduction de l'exposition aux moustiques. Une vigilance qui doit se poursuivre en automne. Le moustique Culex, vecteur du virus, est principalement actif du crépuscule au petit matin et peut piquer à l’intérieur des habitations.
Les principales mesures sont
- Porter des vêtements couvrants, amples et longs lors des périodes d'activité des moustiques.
- Utiliser des moustiquaires, aux fenêtres et autour du lit si nécessaire (le culex pique à l’intérieur des maisons).
- Limiter les gîtes larvaires en supprimant les eaux stagnantes présentes autour du domicile : soucoupes de pots de fleurs, récipients, seaux, récupérateurs d'eau mal protégés…
- Utiliser un répulsif cutané adapté, sur les zones non couvertes
- Les diffuseurs électriques d’insecticide sont à utiliser en complément en respectant strictement les contre-indications.
- Les serpentins fumigènes ainsi que les huiles essentielles, bracelets, ultrasons, bougies ne sont pas recommandés.
Le pharmacien : un relais de prévention et d'orientation
Le pharmacien d'officine peut jouer un rôle important dans la prévention lors de la délivrance ou du conseil de produits répulsifs.
À l'officine, le pharmacien peut
- Conseiller un répulsif adapté : le choix du produit doit tenir compte de l'âge de la personne, de sa situation et des modalités d'utilisation prévues. Une attention particulière doit être portée aux précautions d'emploi et aux populations pour lesquelles certaines substances actives ou formulations peuvent être déconseillées.
- Rappeler que le répulsif ne suffit pas à lui seul : le port de vêtements couvrants, les moustiquaires et la suppression des eaux stagnantes restent des mesures complémentaires essentielles.
Sensibiliser les personnes vulnérables
Chez les personnes âgées ou fragilisées, rappeler les mesures de protection contre les piqûres est particulièrement important compte tenu du risque accru de formes neurologiques sévères.
Repérer des symptômes évocateurs
- Il est demandé aux pharmaciens d’orienter vers un médecin ou vers l’hôpital :
- Fièvre sans signe neurologique : orienter le patient vers un médecin.
- Fièvre avec signes neurologiques (céphalées intenses avec raideur de nuque, confusion, troubles de la vigilance, faiblesse musculaire, paralysie ou convulsions) : orientation immédiate vers l’hôpital via le 15.
Informer sans inquiéter
Une piqûre de moustique ne signifie pas que la personne est infectée par le virus West Nile. La grande majorité des infections sont asymptomatiques et la circulation reste géographiquement hétérogène.
L’être humain est un cul-de-sac épidémiologique : il n’y a pas de transmission interhumaine hormis par transfusion, greffe et, exceptionnellement, de la mère à l’enfant.
West Nile et moustique tigre : 2 sujets à ne pas confondre
- Le virus West Nile est principalement transmis par des moustiques du genre Culex.
- Le moustique tigre, Aedes albopictus, est principalement impliqué en France métropolitaine dans la transmission de la dengue, du chikungunya et du Zika.
Les 2 problématiques participent néanmoins d'un même enjeu : la progression des maladies vectorielles et la nécessité de renforcer les mesures de protection contre les moustiques.
Documents téléchargeables sur le site :
DGS - MISP 08/10/2026 - Circulation exceptionnelle du virus West Nile en France
Pour en savoir plus :
ANSES 22/09/2026 - Virus West Nile : pourquoi circule-t-il autant en France cette année ? https://www.anses.fr/fr/actualite/virus-west-nile-pourquoi-circule-t-il-autant-france-cette-annee
ANSES 24/08/2026 - West Nile, un virus transmis des oiseaux aux mammifères par les moustiques https://www.anses.fr/fr/content/west-nile-virus-oiseaux-mammiferes-moustiques
SPF 30/09/2026 - Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 30 septembre 2026. https://inpes.santepubliquefrance.fr/index.php/maladies-a-transmission-vectorielle/chikungunya/bulletin-national/chikungunya-dengue-zika-et-25?utm_source=chatgpt.com
DGS - MISP 08/10/2026 - Circulation exceptionnelle du virus West Nile en France hexagonale https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/misp_2026_09_virus_west_nile.pdf